♦ the heartless wind kept blowing

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I'M Invité
Invité
MessageSujet: ♦ the heartless wind kept blowing Sam 10 Déc - 12:14

park ♦ jin pyo
○ Masan, 5 avril 2029
○ 21 ans, coréen.
○ pauvre.
○ humain, créateur
○ célibataire, horloger.
○ réellement, je suis bérengère. j'ai 16 ans. j'ai connu le forum via luthebest. et le code du règlement... bah c'est... He hehe. He he he

« Jin Pyo, viens ici. »

Le petit garçon s'avança jusqu'à son père, qui portait un ensemble noir. Il était plutôt rare que Mr Park s'habille de la sorte; généralement, il préférait à ce costume son vieux pantalon de travail, celui qui avait été le spectateur de ses différentes création. Mr Park était un créateur, un vrai. Il portait sur son nez des lunettes épaisses et circulaires qui compensaient sa vue affaiblie par les années de travail minutieux sur des pièces de la taille d'une puce. Le créateur était un homme à la carrure imposante, mais de confiance: ses rares clients le considéraient la majeure partie du temps comme un ami, et qui plus est comme un homme dont les valeurs étaient inébranlables: exactement le genre d'homme qui ne se laisserait pas corrompre par les hommes de l'état, qui cherchaient toujours désespérément à soutirer des informations capitales aux petits artisans tels que Mr Park. Et il était aujourd'hui justement temps de transmettre ce savoir, ces informations à la descendance. Son unique descendance.
Jin Pyo avait sept ans, tout juste. Ces quelques années de vie avaient été rythmées par le travail à l'atelier, ou du moins l'observation consciencieuse et curieuse de tout ce qui s'y déroulait. Il n'avait pas encore le droit de manipuler les outils tranchants et pointus, sous injonction de son père. Mr Park était un homme très protecteur, qui n'aurait laissé à aucun prix quelque danger que ce soit toucher son fils. La mort de sa femme à sa naissance l'avait responsabilisé au plus haut point: Jin Pyo était la dernière chose qui lui restait, et inversement. Et les grands yeux du jeune garçon étaient tous les jours là pour lui rappeler que ces même yeux lui avaient fait promettre d'être un bon père, sur la table d'accouchement de cet hôpital miteux – le seul assez abordable pour leurs maigres salaires. Mais aujourd'hui, pour la première fois, Mr Park allait mettre Jin Pyo en danger: il allait le faire entrer dans le cercle. Le cercle du secret.

« Jin Pyo... à partir de maintenant, tout ce que je vais te dire doit rester entre nous. Tu ne dois le révéler à personne, même si ta vie est en danger, tu me comprend ? »

Jin Pyo hocha la tête et se laissa entraîner jusque dans le sous sol secret de son père, qui lui servait d'atelier. Il alluma la lumière – une lumière puissante, qui aveuglait durant plusieurs minutes pour qui n'y était pas habitué, mais qui était nécessaire au bon travail du créateur. Sur la table de travail, il y avait une boîte, couleur de plomb, aux bords usés par les années. L'inscription gravée sur le couvercle, avait elle aussi été ternie par l'âge. Une serrure d'argent gardait l'écrin fermé. Mais pas de clé à l'horizon.
Le père prit la boîte entre ses mains, avec d'infinies précautions, comme si elle risquait de s'effriter au moindre contact, et la tendit à l'enfant, qui l'attrapa maladroitement.

« Ceci est la chose la plus précieuse que je possède. Personne ne doit jamais la dérober. Elle est pour l'instant vide... mais elle ne le sera plus pour longtemps. »
«Mais où est la clé ? »
« Elle se trouve en toi. »

Jin Pyo fit la moue face à cette répondre sibylline. Il n'appréciait guère lorsque son père lui répondait de la sorte, avec cette sagesse qu'il ne possédait pas encore et ne pouvait comprendre. « Tu comprendras lorsque tu seras grand. » Quand serait-il grand ? Dans deux jours, dans deux mois, dans deux ans ? Le jeune garçon voulait tout comprendre, tout de suite. Il n'avait jamais été à l'école, comme la majeure partie des enfants de son quartier – les charges scolaires étaient bien trop élevées pour le faible salaire de Mr Park – mais il possédait une soif de savoir à toute épreuve, particulièrement en ce qui concernait les mécanismes en tout genre: horloges, robots, serrures, étaient autant de puzzle qui attisaient sa curiosité.
Soudain, après s'être approché d'un mur banal, du moins aux yeux de Jin Pyo, une ouverture se déclencha, sans un bruit, laissant dans la paroi un trou béant où une lumière douce se diffusait; on pouvait y distinguer une longue table centrale, entourée de centaines d'outils métalliques que Jin Pyo n'avait jamais vu jusque là. Une poussée de la main du père sur le dos de son fils le fit avancer dans la pièce cachée,e t le mur se referma aussitôt derrière eux.

« Tu te souviens des androïde que je construis ? » Le jeune garçon hocha la tête. « Tu te souviens aussi que je t'avais dit qu'ils étaient différents de tous ceux que les grandes entreprises construisent ? » Il acquiesça à nouveau: il savait tout ça. « C'est ici que se trouve le secret de cette différence. Ici, et dans cette boîte, que tu tiens. »

Jin Pyo considéra la boîte avec un tout autre regard: dedans se trouvait donc la réponse à toutes ses interrogations, à toutes ces questions auxquelles sont père n'avait pas voulu donner de réponse;
De longues heures s'ensuivirent, essentiellement constituées d'interminables explications. Comment on extrayait le cœur d'un humain, comment ce dernier pouvait se diviser en deux parties qui ne vivaient pas ensemble, mais simultanément; comment on faisait d'un androïde un humain à part entière, quels étaient les dangers et les risques à éviter, et combien, ô combien ces informations devaient rester strictement confidentielles.


Neuf ans... Jin Pyo avait désormais neuf ans. Dans l'atelier de son père, il construisait de ses petites mains un mécanisme d'une complexité étonnante. Mr Park avait vite compris, lorsqu'il avait débuté l'apprentissage de son fils, qu'il possédait des talents extraordinaires. Il avait une compréhension instinctive des serrures, des rouages, de mystères que pouvait contenir une machine. Jin Pyo était un génie, cela ne faisait pas de doute; C'était dans ses gènes, c'était dans son sang. Grâce à lui, leurs revenus avaient quelque peu augmenté – il s'occupait de l'horlogerie, et beaucoup de nouveaux clients s'étaient bousculés pour venir voir ce petit garçon adorable qui avait des mains d'or. Certaines femmes de rangs élevés avaient même fait le déplacement, et avaient amené au brillant enfant divers objets défectueux; il était si mignon, avec ses mèches en désordre et ses grands yeux de jais ! Mais Mr Park acceptait mal les visites de ces personnes si importantes, qui prenaient son fils pour une attraction de foire; il avait donc fini par congédier ces femmes poudrées et parées de dizaine de bijoux, dont la moindre pierre valait plus que tous les objets de son modeste atelier. Jin Pyo avait d'autres chats à fouetter.
En ce moment même, il guidait de ses remarques avisées chacun des gestes du jeune enfant. Chaque détail comptait; chaque erreur, y compris la plus infime, la plus insignifiante, pouvait avoir une répercussion terrible sur le fonctionnement de ce qui allait devenir une œuvre d'art... leur œuvre d'art.
Peu à peu, les diverses pièces éparpillées sur le plan de travail s'assemblaient. Maintenant que Jin Pyo n'avait plus besoin de satisfaire les caprices d'une clientèle factice, il pouvait consacrer ses journées au travail dans l'atelier secret, sans plus devoir passer constamment du cabinet public à celui qu'aucun ne soupçonnait. Mr Park et son fils travaillaient d'arrache-pied, mais à la fin de la journée, un squelette mécanique se tenait au centre de la pièce. Au niveau de la poitrine, un trou béant attendait d'être comblé; mais le moment n'était pas encore venu.
Il fallut plusieurs mois avant que l'enveloppe humaine ne prenne forme: ces dernières touches étaient les plus onéreuses, et leurs économies ne suffisaient pas à payer toutes les matières premières nécessaires. Mais après ces temps insupportables d'attente, elle prit enfin vie, cette charmante petite fille aux longues couettes auburn et aux yeux brillants, qui souriait, encore inanimée. Jin Pyo décida immédiatement qu'il en était amoureux. C'était lui qui l'avait imaginée, elle et ces traits, pourtant, il lui semblait qu'elle lui était encore étrangère et qu'il la voyait pour la première fois: il l'aimait d'autant plus.
Mr Park passa la nuit dans la salle secrète, à côté de l'atelier souterrain. Jin Pyo assista à chacune des actions esquissée par son père, et bien que la vision du sang fut plus dure à supporter qu'il ne le pensait, il réussit à la supporter... à tout supporter. Mr Park ne souhaitait pas que son fils offrit son cœur à leur création: il était trop jeune, et le risque était trop grand. De plus, il savait que son cœur ne lui serait bientôt plus utile.
Au premières aurores, il n'y avait plus de béance dans la poitrine de l'automate; et lorsqu'elle fit son premier geste, Jin Pyo put sentir toute la fierté qui émanait de son père: il avait passé son bras autour des épaules étroites du jeune garçon, et Jin Pyo put l'entendre renifler maladroitement. S'il avait levé les yeux, il aurait pu voir l'unique larme qui coula, silencieuse, sur sa joue.
Na Ra était née.


under construction


under construction


Huit ans et trois mois. C'était le temps durant lequel Jin Pyo avait été séparé de l'atelier de son père, de sa maison. Il se souvenait encore des ruelles sombres de son quartier, mais pourtant joyeuses. Les nombreux enfants qui n'avaient pas pu être scolarisés, par manque d'argent, courraient dans les boyaux étroits de la ville, et leurs exclamations animaient les avenues et rendait les journées des petits artisans plus vivantes. Huit ans. Cela faisait huit ans que Jin Pyo n'avait plus foulé ces artères, délaissées des Grands, des Puissants, mais qui étaient pourtant la seule et unique représentation possible de la population mondiale, de ce qu'était la vie en l'an 2050. Cette ruelle qui était toute l'enfance et l'adolescence du jeune homme était aussi le stéréotype du quartier de vie de quatre vingts quinze pour cents de la population.
Une émotion certaine s'empara de Jin Pyo. Autour de lui, tout était comme avant. Rien n'avait changé. Mais plus aucun cri, plus aucune exclamation de joie ne venait perturber la tranquillité ambiante. Le silence était étouffant, bruyant presque – et chaque nouveau pas du jeune homme résonnait comme un glas funèbre, dans l'exiguïté de l'espace. Le souffle faussement calme qui s'échappait de sa poitrine s'accentuait, et prenait l'ampleur d'un ouragan.
Autour de lui, les échoppes s'éveillaient, au rythme du soleil qui se levait à l'horizon, invisible derrière les grands bâtiment usés, qui montaient haut dans le ciel, à la recherche de lumière et d'oxygène. Même eux cherchaient à s'échapper de cette atmosphère étouffante. Peu à peu, l'animation reprenait sa place dans l'étroite ruelle; mais c'était une morne animation, qui ne laissait guère de doute sur les sentiments profonds, les émotions secrètes: on avait peur, on était las de tout cela. Les pantalons étaient usés, les semelles se décollaient sous les chaussures. Le moindre détail montrait la pauvreté, l'immense pauvreté de ces gens qui se débattait face à une fatalité qui venait d'en haut; Un 'haut' qui avait depuis bien longtemps changé de piédestal. On ne croyait plus en dieu depuis des années, déjà. Il n'y avait qu'un Dieu: le pouvoir, la richesse, l'opulence. Ceux qui pouvaient se permettre les pires atrocités étaient aussi ceux qui pouvaient se payer des cigares à un milliard de dollar l'unité. Il n'y avait pas de demi mesure.
Un peu plus loin, un rideau de fer se souleva, sans un grincement. Jin Pyo se souvenait que lui et son père avaient pour habitude d'huiler fréquemment ces rideaux, afin qu'ils s'ouvre silencieusement. Cette absence familière de bruit le fit se figer sur place, et il jeta un regard anxieux à la chevelure brune qui apparut brièvement dans le reflet de la fenêtre. Sa gorge se serra. Douloureusement.
Un pas. Deux pas. Trois pas. Encore un autre. Puis il recula. Certains regards se tournèrent vers lui, et on chuchota. Cette chevelure en désordre n'était-elle pas familière ? Ces yeux de jais sérieux n'étaient-ils pas semblables à ceux de ce petit garçon que l'on aimait tant ? Jin Pyo reconnaissait des visages, qui s'étaient ridés, s'étaient burinés, et dont les yeux tristes s'étaient enfoncés dans les orbites. Et tout cela lui faisait peur. Alors il avança à nouveau vers le magasin bien entretenu, vers cette chevelure brune. Pour échapper aux exclamations de surprise, face à cet enfant habillé de vêtement rapiécés qui était devenu cet homme en costume élégant. Pour échapper aux sourires soulagés, aux sourires de joie. Il était trop effrayé à l'idée de ne pas résister à ces élans d'affection de cette famille, qu'il avait eut il y a longtemps, trop longtemps. Il n'était plus ce Jin Pyo, ce fils Park, qu'il était autrefois, et il ne pourrait que les décevoir. Et même s'il sait qu'il le fera tôt ou tard, il ne peut se résoudre à les décevoir maintenant.
Lorsqu'il arriva devant le magasin 'Park, réparateur', sa main trembla sur la poignet. Elle était là, dos à lui, le regard plongé sur de la paperasse, posée sur le guichet. Il pouvait discerner ses cheveux, arrangés en deux longues couettes, et sa silhouette, aussi fine que dans son souvenir. Mais elle, se souviendrait-elle de lui ? Lorsqu'il l'avait quittée, elle était enfermée dans leur salle secrète, et il avait tant bien que mal modifié sa mémoire, dans l'urgence. Il avait pensé l'effacer de sa mémoire à elle, mais était-ce vraiment le cas ? A cette idée, son cœur se serra, et le sang dans ses veines ne fit qu'un tour. Non, il ne pouvait y penser. Il tourna la poignée. Pas un bruit.
Elle ne se retourna que lorsque le battant se fut refermé doucement, avec un son feutré. Le sang dans les veines de Jin Pyo ne fit qu'un tour. C'était elle. C'était bien elle. Avec huit ans de différence. Ses grands yeux noirs n'avaient pas changé. Son nez droit et bien dessiné était toujours le même. Sa bouche avait la même couleur rose qu'auparavant. Elle était toujours sa Na Ra, en somme. Mais elle ne lui appartenait plus vraiment. Il songea un instant à cette moitié de cœur qui battait dans sa poitrine métallique, entre deux rouages savants. A cette moitié de cœur qui était la jumelle de celle enfermée dans cette boîte noire, dans ce même magasin. A ces deux âmes sœurs qui battaient à l'unisson. Mais leurs regards qui se croisèrent effacèrent d'un simple geste toutes ces pensées.
Sur le seuil de la porte, Jin Pyo était immobile, incapable du moindre mouvement. Figé à l'état de statut, il était submergé par une vague d'émotion. Des centaines d'émotions qui déferlaient en lui. Des souvenirs, profondément enfouis, effacés par des années d'enfermement et d'endoctrinement.
« Nana... »
○ S'il n'avait pas été capturé par ces industriels lors de son adolescence, aucun doute que Jin Pyo aurait été dans le groupe des rebelles. Il avait fait une promesse à son père - une promesse qu'il a tenu, certes, mais qui menace de s'effacer de son esprit. Seulement, ces années d'enfermement et d'endoctrinement on quelque peu ébranlé ses valeurs, ses certitudes. Il n'a certes jamais dénoncé les androïdes, ni même dévoilé le moindre secret. C'est pour cela qu'il est rebelle sans même le savoir. Pourtant, il travaille pour ces entreprises, il est envoyé en mission pour eux. Alors il oscille encore entre loyauté et trahison... entre mort et vie.
q1. si vous deviez sauver votre meilleur ami androïde, le feriez-vous ? Jin Pyo serait partagé entre plusieurs options. D'un côté, les souvenirs fugaces de la promesses qu'il a faite a son père, il y a bien longtemps. D'un autre, les années d'enfermement dans cette maison, en compagnie de ces savants ingénieux, mais fou, qui ont eu 8 ans pour l'influencer et faire entrer dans son esprit des idées qu'il n'aurait pas eu auparavant. Loyauté ou trahison ? Jin Pyo devra faire un choix tôt ou tard. Il lui est encore impossible de savoir s'il aura le pouvoir et le courage de protéger les êtres qui lui sont chers, androïde ou pas;

q2. le petit garçon au sourire narquois vous dérange, si vous étiez un androïde, l'attaqueriez-vous ? Tout dépend de quel genre d'androïde on est. Jin Pyo sait mieux que personne qu'un alpha sera dangereux à tout point de vue, car il ne se contrôle pas, et n'a pas de libre arbitre. Un beta a plus de chance de résister à des pulsions humaines telles que le meurtre. Tout dépendra de son éducation, de son expérience, de sa vie. C'est pourquoi Jin Pyo ne peut pas vous dire clairement 'oui' ou 'non'.
(c) MADE BY LU.
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