flashback~ it started with a kiss △ sung jin.

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MessageSujet: flashback~ it started with a kiss △ sung jin. Sam 31 Déc - 14:40

Cela fait dix jours. Elle ne lui adresse plus la parole parce qu’elle dit que Mo Nae a volé son collier de perle blanche si précieux à ses yeux. Elle ne lui adresse plus la parole depuis dix jours entiers pour des broutilles. Elle la croise et la toise du regard. Elle l’enferme même dans le placard du deuxième étage jusqu’à ce que Papa ou Maman Nahm se rendent compte de l’absence de Mo Nae dans la demeure. Bien sûr, Mo Nae ne dit rien – muette, elle prétend qu’elle s’est enfermé toute seule – silencieuse, elle ne dit pas que Mi Rae recommence ses sottises de toujours. Cela fait un mois qu’elle va mieux, parait-il. A vrai dire, Mo Nae veille toujours sur elle – mais depuis quelques jours, quelques semaines, la demoiselle ne sait rien. Elle ne peut pas dire si la jeune femme reste en constante amélioration de sa santé ou si elle chute, de plus belle, chaque jour. Ce soir-là, tout le monde dinent dans la salle à manger. Mo Nae assise en bout de table, Mi Rae qui ne lui jette même pas un regard. On dirait qu’elles se détestent ; ou du moins, que Mi Rae lui en veut de quelque chose. Papa Nahm perce la toile.

« Il se passe quoi, jeunes filles ? »
« Rien. Appah. »
« Mo Nae ? »
« Voui. Rien du tout. »

Silencieuses, elles retournent dans les chambres sans broncher. Silencieuse, la maison s’endort peu à peu sans savoir que la jeune femme, Mi Rae, craint de mourir, craint de perdre les êtres chers auxquels elle tient tant, finalement. La maison s’endort, et Mi Rae fixe le plafond de sa chambre. Et si elle prétendait être plus malade qu’elle en à l’air, pour garder sa vie sauve, pour ne pas qu’ils souffrent, tous autant qu’ils sont. Et puis, il y a Sung Jin, qui hante ses pensées et ses rêves depuis son départ pour Busan. Et puis, il y a Mo Nae, qu’elle aime sans considération comme sa sœur – étrangement. Mo Nae aussi, aime particulièrement Mi Rae. C’est pour cette raison-ci qu’elle ne dit jamais quand Mi Rae lui fait une crasse. Elle sait qu’au fond cela vient du cœur ; cela ne représente aucune pointe de réelle méchanceté venant de Mi Rae ; Mo Nae apprécie vraiment la jeune femme à sa juste valeur. Le lendemain, Mi Rae réveille doucement l’androïde, sautant délibérément sur son lit pour qu’elle se lève. Le sur-lendemain, Mi Rae prépare un petit déjeuner pour Mo Nae. Et les jours suivants s’en suivent comme étant plus merveilleux les uns des autres – mais il faut se douter que ce bonheur complet ne pas durerait aussi longtemps qu’on le croit. Mi Rae glisse sur une marche de l’escalier et s’effondre sur le sol du hall d’entrée de tout son long. C’est la chute qui enclenche le reste. Mi Rae est envoyé à nouveau à l’hôpital, et elle ne reviendra surement pas. Papa Nahm vient la voir tous les jours. Mo Nae tient à venir à chaque visite. Le petit frère quant à lui, il se terre dans sa chambre, silencieux, mais le cœur serré. Maman Nahm prépare des gâteaux pour évacuer le stress – trop de gâteaux d’ailleurs. Mo Nae a pensé à faire une cotisation en les revendant d’ailleurs, mais à quoi bon, l’état de Mi Rae se stabilise, mais sa santé s’affaiblit, plus encore qu’on ne le croirait.

« Il parait que… que Sung Jin est de retour en ville. »
« Dites-lui que je… que Mo Nae est Mi Rae. »
« Mi Rae, je ne… »
« Où que je suis morte. Au choix. »

Le choix fut rapide. Et trois heures plus tard, on appelle Papa Nahm pour lui confirmer que sa fille est sous respirateur et qu’ils la laisseront ainsi tout le temps qu’ils le désirent. Mo Nae ressent de la tristesse, beaucoup. Mo Nae s’enferme dans sa chambre, une heure, deux heures, trois, peut-être même quatre. Puis la sonnette de la maison retentit et elle jette un coup d’œil par la fenêtre. Une silhouette qui ne lui est pas familier s’engage dans la maison. Il a des cheveux bruns, peut-être noirs de jais. Elle ne discerne pas son visage correctement, mais la pâleur de son visage montre qu’il sait, ou qu’il est fatigué. Elle ne sait pas, elle sait juste qui il est. C’est comme-ci elle le connait déjà, comme-ci elle est réellement Mi Rae. Qu’on-t-il décider de lui dire ? qu’on-t-il décider de lui infliger à lui, comme à elle ? Encore une heure enfermée dans sa chambre, puis on frappe. Elle ne répond pas, elle enfouie son visage dans l’oreiller de son lit pour se dissuader d’ouvrir, mais la poignée s’enclenche. Elle aurait vraiment dû fermer à clef.

« Tu es Mo Nae ? Tu es cette chose ? Cette… boite de conserve. »

Il s’approche d’elle en silence. Elle le fixe d’un air surpris, assise sur le rebord de son lit. Elle se perd dans sa contemplation, bien que l’obscurité de sa chambre ne lui permette pas de décrire correctement les traits crispés du garçon. Alors ils ont choisis la mort subite. Alors ils ont choisis le mensonge le plus déchirant auprès de Sung Jin. Il s’approche à pas de loup et elle reste pétrifié sur place, il vient de glisser sa main droite sur sa joue, dans son cou, sur tout son visage, comme pour discerner une différence entre elle et Mi Rae. Elle déglutit difficilement et se terre un peu plus profondément sur son lit avant de se lever brusquement. Elle n’apprécie pas qu’on la touche de la sorte, pas depuis l’autre idiot d’humain qui a voulu sortir avec elle pendant six mois et finalement coucher avec elle deux semaines avant de la plaquer. Oui, c’est un triste sort pour Mo Nae que donner sa « virginité » d’androïde à un garçon aussi puérile que son ancien petit ami – le seul d’ailleurs, c’est peut-être cela le pire. Elle inspecte ses traits en fronçant le nez, comme Mi Rae le fait, et sourit doucement en tendant sa main vers lui.

« Enchantée. Sung Jin. »
« Enchanté. Boite de conserve. »


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MessageSujet: Re: flashback~ it started with a kiss △ sung jin. Lun 2 Jan - 9:34

« Tu ne pourras pas la remplacer. »

La froideur de son temps résonne dans le hall d’entrée. Il ne s’agit pourtant pas d’un reproche, mais d’un simple constat blasé. Si on l’écoute avec un peu plus d’attention, on peut même une déceler une pointe de déception. Le jeune homme aurait en effet presque espéré que l’androïde soit à même de combler le vide laisser par la morte. Ainsi, il n’aurait pas eu à se sentir si vide et creux. Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé. Voilà ce que lui ont enseigné les quelques jours qui viennent de passer. Depuis qu’on lui a appris la mort de Mi Rae, c’est comme si le temps s’était arrêté. Les horloges tournent encore, le soleil se lève et se couche encore, mais lui reste figé. Prostré dans sa chambre, accroupis devant ces albums qui renferment tant de souvenirs, c’est à peine s’il est sorti de sa chambre depuis que la chaîne lui a accordé une semaine de congé. De temps à autre, ses pas le traînent bon gré, mal gré vers la cuisine afin de satisfaire ce ventre qui crie famine. Mais ses déplacements sont rarement plus élaborés. Aujourd’hui, le trajet en bus qu’il a effectué relève du quasi-miracle. Les badauds se sont presque écartés sur son passage tant il paraissait épuisé. C’est étrange d’ailleurs ; il passe ses journées à dormir et ne trouve pourtant aucun repos. Dans les bras de Morphée, ne l’attendent que des cauchemars et de noires pensées ; au réveil, ses traits demeurent donc tirés. De larges cernes creusent ses pommettes blêmes. Son air cadavérique fait peur à voir. Il se demande d’ailleurs s’il n’a pas effrayée la petite Mo Nae.

« Ils t’ont sans doute appris la façon dont elle se tient, dont elle parle, dont elle s’habille. Peut-être même que tu sais ses livres préférés et ses films favoris. On t’a dit qu’elle aimait le rouge des cerises, les nuages qui ont des formes étranges et les éclairs quand il fait orage. Mais ce ne sera pas assez. »

Son état de fatigue est tel que, lorsqu’il l’a aperçue pour la première fois, il ignorait s’il s’agissait d’un rêve ou de la réalité. Etait-ce elle qui serait revenue des limbes pour le retrouver ? Connaissant Mi Rae, ç’aurait davantage été pour le hanter. Par chance, Sung Jin n’a pas eu à entretenir trop longtemps ces pensées. Bien vite, il s’est souvenu de ce qu’au téléphone, papa Nahm lui a dit – elle s’appelle Mo Nae. On l’a fabriquée, on l’a achetée pour adoucir les affres du deuil. Elle n’est que l’ombre de celle qui a péri avec son cœur à lu, elle n’est rien. Et pourtant, il est venu… il ne pouvait plus supporter cette douleur qui le rongeait de l’intérieur. Il s’est dit qu’ici, peut-être, il trouverait de quoi colmater cette grande béance qui s’ouvre toujours plus largement dans sa poitrine.

« Tu as son nez, son front. Même tes yeux ne sont pas si ratés. Tu es une copie parfaite, une imitation sans défaut. Et c’est justement pour cela que ça ne convient pas. »

Au fur et à mesure qu’il parlait, il s’est rapproché. Son regard perçant la détaille avec insistance ; un de ses mains glisse sous son menton afin de l’empêcher de détourner les yeux. Il aime sonder ces miroirs de l’âme ; tout s’y reflète avec tant de clarté. Voilà qui le change des ténèbres dans lesquelles il s’enfonce depuis tant d’années. Les prunelles de l’automate sont particulièrement limpides. On dirait un ciel sans nuage. Une impression d’innocence et de pureté en émane. Face à tant de candeur, Sung Jin perçoit avec plus d’acuité toute la noirceur qui entache sa conscience. Il se sent si honteux ; il faudrait la souiller, elle aussi, pour ne pas avoir à culpabiliser. L’idée traverse l’esprit du jeune homme est y germe peu à peu. Sans crier gare, ses doigts se saisissent du bas de son pull et le soulève. Pas trop. Juste assez pour dévoiler le nombril – un nombril tout à fait régulier, incurvé vers l’intérieur. Au contraire, Mi Rae l’avait rond ; une infime protubérance ressortait. Cela l’avait toujours complexée, et Sung Jin l’avait toujours taquiné là-dessus.

« Cela ne convient pas, parce que justement, Mi Rae n’était pas parfaite. Elle avait ses failles, ses tâches de vin et ses grains de beauté mal placés. Tu n’es qu’une version revue et corrigée. Une petite poupée. »

Mi Rae était tellement peu une sainte qu’elle lui a brisé ce cœur qu’il lui tendait bravement. Elle ne s’est pas contentée de le refuser, elle l’a piétiné et réduit à néant. Lui, l’attendait sagement un bouquet de fleur à la main. Et elle revenait ivre, aux bras de deux autres garçons, embrassant chacun tant qu’il lui plaisait. Qu’il avait eu l’air ridicule, ce soir-là… D’un geste de la tête, il chasse ces pensées. Un sourire soudain et inattendu ourle ses lèvres.

« Est-ce que tu veux que je t’aide ? … à toi aussi, ne pas être parfaite ? »
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MessageSujet: Re: flashback~ it started with a kiss △ sung jin. Lun 2 Jan - 10:30

Mo Nae a beaucoup de mal à respirer quand il s’approche d’elle. Mo Nae ferme les yeux, presque terrifié par ses doigts prédateurs qui s’installe sur la peau douce qu’on lui a concoctée, la même que celle de Mi Rae. Elle comprend peu à peu à quel point le choix que les parents ont fait est irréversible ; elle comprend peu à peu qu’elle n’est pas la bienvenue dans ce monde – son monde à lui, ténébreux par tant de choses dont elle ignore. Elle sait juste que Mi Rae a été « désagréable » avec Sung Jin, elle lui a dit, un soir, quand elles ne dormaient pas, l’une comme l’autre, couché dans la même chambre car Mo Nae n’avait pas encore la possibilité d’avoir sa propre chambre pour le moment. La nuit dernière, quand elle s’était rendue dans les quartiers de Mi Rae, elle avait admiré les albums photos, tous emplis par le visage rayonnant de Sung Jin et ce sourire, invisible au moment où Mo Nae se trouve face à lui. Son regard sonde celui de Mo Nae et elle ne bronche pas, elle ne détourne pas même le regard. Mo Nae souffre de tant d’amertume, de froideur de la part de cette unique personne, ainsi que des « parents » d’ailleurs. Maman Nahm ne semble pas ressentir une pointe de sympathie pour elle. Elle l’a regardé toujours avec un regard dégouté et attristé à la fois et elle l’a congédie dans sa chambre pour le reste de la soirée. Elle déteste la voir – à la place de sa fille, Mo Nae le comprend, mais Mo Nae en souffre. Papa Nahm quand à lui, il n’est pas mieux dans ce cas. Il l’ignore presque, même si elle l’accompagne pour rendre visite au corps inerte de Mi Rae allongé sur ce lit depuis des jours maintenant. Tous les jours, Mo Nae demande à être seule avec la jeune femme – Tous les jours, elle lui compte les histoires qu’elle aimerait vivre, les choses qu’elle aimerait faire – Chaque jour, elle se rend compte de ses différences avec la jeune femme. La copie parfaite s’avère défectueuse, pourtant, Mi Rae a serré la main de Mo Nae quand elle lui a promis de prendre soin de Sung Jin. Mais ce soir, son regard plongé dans celui de Sung Jin, elle sait qu’elle ne pourra tenir sa promesse dans le futur à venir.

« Mi Rae t’aimait beaucoup. Elle me parlait tout le temps de toi. Tous les soirs avant de dormir, elle me comptait vos aventures dans la ville quand vous étiez gamins, c’était hilarant à entendre. Mi Rae savait conter les histoires à la perfection, ne ? Je… »

Parler de Mi Rae est peut-être une erreur de la part de Mo Nae, mais en fait-elle seulement exprès ? Elle souhaite juste qu’il l’apprécie et ne l’a voit pas comme Petit Frère Nahm et toute la famille a considère. Mais c’est trop tard. Il lui propose ainsi de l’aider à assouvir ses souffrances, grandes, immenses dans son cœur – cette partie de Mi Rae qui vit en elle, tant bien que de mal, à faible allure. Fronçant les sourcils, ses doigts se posent sur le poignet de Sung Jin et l’entoure pour retirer sa main de son visage. Souriant légèrement, elle recule d’un pas, trébuche sur le lit et se retrouve allongé de tout son long sur celui-ci. Grimaçant à cause du choc, elle a attrapé Sung Jin dans sa chute qui se retrouve à côté d’elle.

« J’ai la sale manie d’être maladroite. Désolé. Et… en ce qui concerne, ton aide… Tu voudrais… faire quoi au juste ? »

Elle n’apprécie guère qu’on la touche, qu’on la déshabille du regard, mais c’est ce que Sung Jin faisait quand elle croise son regard en tournant simplement la tête vers lui. Son corps se tourne vers lui, ses chaussons s’échappent de ses petits pieds et elle se recroqueville sur le lit, l’admirant paisiblement dans sa position fœtal. Un léger sourire se dessine sur ses lèvres. Mo Nae n’a jamais ressenti autant d’admiration pour quelqu’un que pour Sung Jin aujourd’hui. Ses doigts viennent scruter son visage avec plus d’ampleur. Ses doigts glissent sur l’arrête de son menton, sur son nez, et puis, elles retracent les longues cernes qui longent ses yeux noirs. Sung Jin doit vraiment souffrir. Et Mo Nae aimerait tellement qu’il ne souffre pas, qu’il ne se sente pas coupable de n’avoir rien fait. Ses doigts glissent sur les lèvres charnues de Sung Jin et s’arrêtent, stoppés dans leur élan par un regard inquisiteur.

« Comment pourrais-je t’aider ? Je… je ne sers pas à grand-chose, juste à remplacer les meubles. Je… je n’ai jamais demandé à devenir Mi Rae, je n’ai jamais demandé à lui ressembler à la perfection, je ne sais presque rien de ce qu’elle aimait, je vis juste pour moi et pour ce que je suis moi, Mo Nae. Et … pas Mi Rae. Je suis juste un miroir de ce qu’elle était. Mais comment, puisses-tu me pardonner de vivre à sa place ? »

Mo Nae ne s’est jamais sentie aussi affaiblie par un regard et par des mots – prononcé par nul autre que celui que Mi Rae aimait tant, celui qu’elle a appris à aimer à travers Mi Rae, en très peu de temps, par des souvenirs, des photos, des mots, et des explications aussi longues que les lois constitutionnelles. Mo Nae s’en veut de vivre à sa place – et de n’être rien qu’un tas de ferraille aux yeux de tous – une androïde alpha, qu’ils ont dit, mais Mo Nae détient son cœur, à elle, et ça, personne ne le sait. C’est son secret le plus précieux – ancré en elle comme tout ce qu’elle sait de Sung Jin.

« Dis-moi juste ce que je dois faire. Et… je le ferais.


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MessageSujet: Re: flashback~ it started with a kiss △ sung jin. Dim 22 Jan - 9:21

La chambre de Mi Rae. Le parfum de Mi Rae. Le souvenir de Mi Rae. La sale môme est partout et nulle part à la fois. Cela fait des années qu’elle a disparu de sa vie, sans pour autant cesser de hanter chacune de ses pensées. Elle l’attend dans ses rêves et ses cauchemars, le suit jusque dans les moindres recoins de son esprit. Et pourtant, lorsque, ensommeillé, Sung Jin tend les bras pour enlacer sa taille de guêpe, il ne brasse que de l’air et le vide. C’est un peu comme jouer à cache-cache avec une ombre toujours entraperçue, toujours reperdue. Errant dans le labyrinthe sans fin de ces espoirs trompés, le jeune homme entre dans la pièce à la suite de Mo Nae. Ses pas lents claquent sur le parquet. Leur rythme est irrégulier, témoignant de son désarroi. Mais ce trouble ne trouve pas écho sur son visage dont tous les traits sont figés, drainés de toute expression ou émotion. Même les propos que tient Mo Nae ne parviennent pas à le dérider. D’ailleurs, plutôt que de leur apporter une réponse articulée, le jeune homme se contente de marcher vers le lit et de s’y étendre en silence. Les bras repliés derrière le crâne, le regard rivé vers le plafond, il demeure sagement ainsi, immobile et inerte pendant plusieurs longs instants. Puis sa voix, tranchante mais nonchalante, fend les airs :

« Déshabille-toi. »

L’ordre est sec et sa mine fatiguée ne trahit toujours pas le moindre sentiment. C’est à peine si en parlant, il daigne lui accorder un regard. Ses paupières lourdes voilent de temps à autres ses prunelles glaciales, tombant devant ses iris sombres. Il respire lentement, comme si le simple fait de s’alimenter en air et de se maintenir ainsi en vie lui causait la plus grande des lassitudes. Son cœur bat à une cadence dérisoirement faible, diminuée ; il lui serait si facile de doucement s’arrêter, appesanti et écrasé sous le poids de la mélancolie et de l’ennui. Il soupire et se tourne finalement vers l’automate.

« Tu as dit que tu ferais tout ce que je voudrais. Je t’aurais bien demandé de me ramener Mi Rae. Mais une boîte de conserve, je suppose, cela n’a pas de pouvoirs magiques. M’enfin, j’en sais rien. Il y en avait pas tant que ça à Busan.

Il énonce clairement chaque syllabe qui passe ses lèvres. Le soin que Sung Jin apporte à son élocution rappelle les précautions que l’on prend avant de s’adresser à une enfant. A bien des égards, la petite poupée n’est rien d’autre que cela – une gamine, une pauvre môme qui ne connâit rien à la vie. Depuis combien de mois, voire de semaines, est-elle sortie de son usine ? A en juger par la lueur d’innocence qui brille encore dans le fond de ses yeux… pas bien longtemps. Mo Nae resplendit de bien trop de pureté pour que ce bas monde l’ait déjà entachée. Sans crier gare, la main du jeune homme sur la joue ivoire de la demoiselle. Le grain de peau y est fin, sans défaut. Du bout du pouce, il trace un cercle, puis deux. Il lui semble qu’elle frémit à son toucher. C’en serait presque attendrissant.

« Tu ne peux pas la remplacer, encore moins la ramener. Alors contente-toi de m’aider à l’oublier. Déshabille-toi. Complètement. »

Sa main descend au creux de sa gorge, puis se niche au niveau de son décolleté. Il défait les premiers boutons de son chemisier, mais s’interrompt quand la naissance de sa poitrine et les premières dentelles se découvrent. L’effraie-t-il ? Il ne sait. La ferraille, est-ce que cela prend peur ? Voilà qui est très peu probable. Il n’y a rien d’humain là-dedans. Puis… même lui qui a du rai sang qui coule dans ses veines n’éprouve pas grand-chose. Et pourtant… Sung Jin a beau se répéter tous ces raisonnements, il ne peut pas s’empêcher d’avoir un peu pitié. Les pupilles de l’automate paraissent se dilater sous le coup de trop grands émois, et il y a comme mille et une crispations qui tendent sa chair artificielle. Aussi, secoué d’un rire nerveux, le jeune homme se détourne brusquement, son dos retombant mollement sur le matelas :

« Laisse tomber. C’était juste pour plaisanter. Je crois que je vais seulement rentrer. »
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MessageSujet: Re: flashback~ it started with a kiss △ sung jin. Lun 30 Jan - 9:41

« Me… Me déshabiller ? pou-pourquoi faire ? »

Au départ, le petit ange ne comprenait pas ce qui lui arrivait, ces tremblements sourds qui l’affaiblissaient quand il déposait ses doigts dans son cou, glissant jusqu’à son chemisier. Au départ, elle ne comprenait pas de quoi il s’agissait. Naïve et enfantine, elle se laissait bercer par trop d’illusions dans lesquels il l’appréciait réellement, l’aimait à sa juste valeur, la considérait comme Mi Rae. Mais il n’en était rien. Fronçant les sourcils, elle le vit retomber sur le matelas et elle reste pétrifiée sur place, presque frustrée qu’il n’ait pas continué son ascension vers ce qu’il quémandait simplement. Elle l’a compris, bien entendu, c’est pour cela qu’elle s’avance lentement vers lui, s’agrippant à ses épaules elle s’assoit à califourchon sur son bas ventre, son désir de faire ses preuves naissant dans chacune de ses pupilles dilatées. Jamais encore elle ne s’était trouvé cette empressement avec un garçon, surtout pas avec un garçon. Elle s’était laissé faire, autrefois, dans le but de devenir une « femme », mais elle n’en restait pas moins un androïde, un tas de ferraille, et le gamin, le puéril enfant à qui elle avait donné sa « virginité » ne valait rien. Un sourire tendu, timide, se redessine sur ses lèvres et elle emploie ses doigts à défaire la propre chemise du garçon. Ses doigts frôlent la peau de son buste, provoquant d’innombrables frissons dans son échine, dans tout son corps. Elle grimace. Elle a peur de mal faire et son regard se poste dans le sien, timide et distant.

« Je… je sais pas faire. Mais… Mais c’est… c’est pas dangereux, ne ? C’bien ce qu’on va faire, ne ? Mi… Mi Rae elle… »

Mi Rae elle savait faire. Mi Rae elle avait tout fait dans sa vie. Mi Rae avait offert sa virginité au même garçon qu’elle. C’était elle qui avait proposé à Mo Nae de faire l’expérience. Mi Rae était une peste, une mauvaise fille, méchante, narcissique – elle ne pensait décemment qu’à elle, elle blessait les membres de son entourage, Mo Nae par exemple, elle prenait un malin plaisir à lui lancer des défis. Pourtant, aujourd’hui, le défi ne venait pas d’elle, mais de Mo Nae elle-même. Le défi était d’assouvir les mœurs du « meilleur ami » de Mi Rae. Le défi était aisé et pourtant si complexe. Elle se mord la lèvre et se penche lentement vers son visage. Devrait-elle, ou pas, l’embrasser ? Devrait-elle, ou pas, le désirer ? Elle embrasse d’abord le creux de son cou, descendant jusqu’à sa jugulaire, son buste. Elle arracha pratiquement sa chemise d’un coup sec avant de défaire les quelques boutons de son chemisier à elle. Le spectacle ne paraissait pas particulièrement magnifique. Mo Nae ne savait pas faire. Mo Nae tremblait de tous ses membres. Elle défait le premier bouton, le deuxième et sa poitrine orné de la dentelle rose de son soutien-gorge se dévoile sous le regard prédateur du garçon. Avant de terminer de se déshabiller, elle dépose ses mains le long son torse, redessinant ses abdos à la perfection, jusqu’à la ceinture de son pantalon qu’elle taquine de ses doigts fins.

« Je sais vraiment pas faaaire. Uhuh… La dernière fois… c’est… c’est le garçon qui sortait avec Mi Rae. Il a voulu me… et… je… Et j’ai vu que à la télévision, je sais vraiment pas faire, Sung Jin. »

Quel idiote que d’avouer ses faiblesses, que d’avouer qu’elle ne sait rien faire de ses dix doigts quand un homme se trouve entre ses mains, Mo Nae soupire et se mord la lèvre une deuxième fois. Ses mains restent ancrées sur la ceinture de Sung Jin qu’elle défait lentement. Elle se saisit par la même occasion des mains du garçon, qu’elle place le long de ses hanches, remontant jusqu’à sa poitrine. Elle redessine celle-ci en s’emparant des quelques doigts de sa main gauche, lui indiquant comment faire, comment la taquiner, comment augmenter ce désir qui emplit sa chair et son sang bouillonnant dans ses veines. Elle vient taquiner le lobe de son oreille du bout de ses dents, descendant ses lèvres le long de l’arrête de sa mâchoire, frôlant ses lèvres, déposant un léger baiser aux coins de celles-ci. Elle attise les nerfs du garçon, taquine ses points sensibles et murmure :

« Apprends-moi à devenir ce que tu veux que je sois pour toi… Montre-moi comment… comment être différente de Mi Rae… comment te… te satisfaire… te faire oublier… t’appartenir… »

Comment appartenir à un homme qui ne veut pas de toi ? Mo Nae en fait presque l’expérience quand les doigts brulants de Sung Jin redessinent ses courbes, impatients, tirant sur la jupe noire qu’elle arbore comme pour aller à l’enterrement de Mi Rae. Sans perdre de temps, sans lui demander son avis, elle plaque ses lèvres contre les siennes, féroces, avides. Elles en redemandent. Sauvages, taquines, elles mordent avidement les lèvres charnues de Sung Jin, sa langue quémandant par la même occasion de déguster à la sienne. Il s’exécute, comme-ci il avait réellement besoin de ce changement en lui, comme-ci elle était son remède. Sa langue se fraye un chemin contre celle de Sung Jin. Elles se caressent, s’apprécient, et puis soudain, Mo Nae bascule sur le dos, Sung Jin au-dessus d’elle. Là, elle sait qu’il va reprendre le flambeau et la faire frissonner. Là, elle sait, qu’il aime.

« Si… Si c’est ce que tu… Souille-moi… »


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