only if for a night △ key.

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I'M Byeol Sun Hwa
and i'm an androïde alpha.
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MessageSujet: only if for a night △ key. Sam 31 Déc - 18:44

Si Na Ra n’a pas de raison pour boire, pourquoi a-t-elle déjà entamé trois verres de vodka et un de whisky avec un de ses amis humains du coin ? Elle n’a vraiment aucun raison de faire ça, mais on ne saurait dire si il s’agit d’un pur amusement de sa part ou du simple réconfort mental que de boire autant d’alcool en à peine une heure. Il doit être à peine vingt et une heures du soir et elle nourrit une profonde envie de s’amuser au fils des secondes qui passent. Elle a déjà embrassé deux fois le barman et trois clients stupéfaits qu’elle a évidemment fait fuir par la même occasion. Elle sourit comme une idiote. Elle déambule entre les tables d’amoureux et de solitaires comme un réel robot ; n’en est-elle pas un d’ailleurs ? Un foutu androïde qui n’a rien d’autres à faire que se ridiculiser en public, androïde alpha, par la même occasion. Il faut savoir qu’un androïde n’est pas censé boire ; et encore moins Na Ra, c’est pour cette raison qu’on l’a jeté à la rue deux heures après l’ouverture du bar, dans le quartier sud, le quartier le plus mal famé de Séoul. Elle ne marche pas droit. Elle grogne contre tous les passants qui la regardent d’un air outré, des humains, ils se ressemblent tous, ces bons à rien. Comment fait-elle pour les côtoyer ? Comment fait-elle pour les supporter, tous autant qu’ils sont ? Elle n’arrive pas à croire que le monde soit peuplé d’autant de gens puériles et insensibles à la faiblesse d’autrui. Elle n’arrive pas à croire non plus que les gens avec qui elle travaille soit aussi peu courtois, peu souriant, peu admirable, peu… eux-mêmes. Ils dictent leur conduite à leurs androïdes, comme ils le font parfois avec Na Ra, et ils ne savent même pas s’occuper d’eux-mêmes, de leurs réactions, de leurs sentiments. Na Ra sait contrôler ceux-ci, autant que ses propres gestes, autant que les ordres qu’on lui donne. Elle n’est pas ivre. Juste quelque peu perdu entre deux verres trop forts. Elle n’est pas ivre. Juste perdu par ses propres pensées, les propres paroles de son supérieur qui résonne dans son esprit comme un tambour lui rappelant sa mort prochaine. Na Ra aimerait mourir, parfois. Elle aimerait vivre une vie tranquille ; ne pas être soumise à des ordres, soumise à des missions – n’a-t-elle d’ailleurs pas une mission à exécuter à cette heure-ci ? Elle s’en fiche éperdument et erre dans les ruelles les plus profondes du quartier, en danger à chaque pas qu’elle fait dans les profondeurs du quartier. On lui a dit de ne pas s’y aventurer – même son supérieur, il y a trois ans. Pourtant, il n’a pas hésité à lui refourguer le dossier contenant des informations sur le quartier sud. Elle doit en récolter plus – c’est ça sa mission ce soir. Errant comme une ivrogne en manque d’alcool, elle s’arrête devant la décharge qu’elle contemple, hébété elle-même par la grandeur des piles de carrosseries broyés et d’androïdes jetés. Du gâchis. De la pollution. Elle soupire et passe son chemin. Na Ra n’est pas vraiment ivre, elle réfléchit juste trop à ce qu’elle pourrait faire pour attirer le regard des éventuels androïdes rebelles, androïdes bêta, androïdes… contre la société, simplement. Traversant une ruelle à la hâte, elle se retrouve, vers minuit, devant la boite de strip-tease du quartier ouest. La marche l’ayant épuisée, elle décide d’entrer pour se rafraîchir et boire quelques verres en compagnie d’un éventuel détenteur du bonheur qu’elle rechercherait sans difficulté en quelques secondes. Na Ra est très souvent en proie à vouloir assouvir ses plus grands désirs. Ce n’est donc pas la première fois qu’elle se rend en ses lieux, pourtant, dès qu’elle entre dans la demeure fumante d’alcool et de clopes mal éteintes dans les cendriers jonchant les tablés à peine pleines, elle ressent cette profonde satisfaction d’être parmi ces lieux. Levant le regard vers un des serveurs, elle l’inspecte de loin et s’assoit à une table non loin de lui, prévoyant qu’il vienne lui demander ce qu’elle désire. Na Ra n’a jamais aperçu ce garçon avant. Na Ra n’a jamais eu la chance de le voir parmi les multiples serveurs de la boite, mais elle passa outre et s’installa sur un siège, croisant ses jambes sous la petite table ronde face à elle. Alors qu’il s’approche, elle l’interpelle en claquant des doigts doucement.

« Vous n’étiez pas là avant, ne ? Je ne vous ai jamais vue. Ehm. Deux whisky. Un pour vous, bien sûr, dites à votre patron que je vous emprunte pour une heure. »

Voyant qu’il ne s’active pas plus que cela, elle se lève doucement et glisse sa main sur sa cravate en l’attirant à elle légèrement. Quand Na Ra est entreprenante, elle ne fait pas les choses à moitié, sans doute. Les clients autour, les quelques clients plutôt, rirent presque aux éclats et se délectent d’un tel spectacle si anodin.

« Activez-vous. »

Elle jette un œil au nom sur la plaque de son uniforme et dépose un baiser sur sa joue avant de retourner s’assoir sur sa banquette d’un pas lent.

« Key. »


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I'M Song Ki Joon
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MessageSujet: Re: only if for a night △ key. Mar 21 Fév - 11:28

Les années lui ont appris à toujours garder le profil. Le regard perpétuellement rivé vers le sol, les cheveux lui tombant de manière désordonnée devant les yeux, il cultive la discrétion à un point presque maladif. Après tout, sa vie en dépend. Un mot de travers ou un faux-pas, et c’est la catastrophe assurée. Les Park le traquent encore, Young Min ne trouvera point de répit avant d’avoir été correctement vengé. Key le sait et ne l’oublie jamais. La nuit, l’impression d’être incessamment poursuivi le réveille souvent en sursaut. Ses poumons mécaniques se contractent alors douloureusement. Afin de retrouver un semblant de calme, il lui faut allumer la lumière et attendre, incapable de se rendormir, les heures grises du petit matin. Et même cela ne parvient à tout à fait dissiper ses peurs et les ténèbres. Lorsque l’aube arrive enfin et baigne sa chambre blafarde de ses rayons pâles, presque souffreteux, l’angoisse ne le quitte toujours pas. Elle le suit comme son ombre toute la journée, le prenant à la gorge quand, épuisé, il oublie de demeurer sur ses gardes. C’est d’ailleurs ce qui arrive à cet instant précis. A la simple mention de son nom, l’automate ne peut réprimer un tremblement. Celui-ci naît à la base en acier de sa colonne vertébrale et va jusqu’à secouer l’armature de ses frêles. Sous le coup d’un tel tressaillement, ses mains perdent leur assurance et manquent de laisser tomber le plateau qu’elles tenaient. Les verres qui s’y tiennent s’entrechoquent dans un tintement cristallin.

« J-je… je crains que cela ne soit pas p-possible. »

La jeune femme qui vient de l’interpeller l’intimide immédiatement. Il ne l’a aperçue qu’un court instant, détournant instinctivement le visage. Mais ces prunelles sombres et orageuses qu’il a croisées brièvement ont suffi à imprimer dans son âme le plus grande des terreurs. Puis, même sans cela, la nonchalance de ce ton, l’indifférence de cette voix, tous ces troublants détails qui annoncent un être qui ne s’émeut de rien, qui n’a pitié de rien… voilà qui fait déjà froid dans le dos. D’ailleurs, un nouveau frisson lui court le long de l’échine. Les autres membres de la résistance lui cependant assez répété qu’en toutes circonstances, il fallait toujours chercher à reprendre contenance. Aussi, Key se redresse et inspire profondément. Ses épaules se carrent, sa mâchoire se serre. Mais regarder l’inconnue en face, c’est encore trop. Aussi ses yeux demeurent fuyants, tapis derrière quelques mèches rebelles.

« Je ne suis que serveur ici. On ne peut pas ‘m’emprunter pour une heure ou deux. Mais… Mais ce couloir là-bas mène vers des loges privées. Vous y trouverez sans doute ce que vous cherchez. L’host à l’entrée vous indiquera cela avec avantage de précisions. »

Dans un excès d’audace, Key lève finalement les yeux vers elle. La surprise se peint un instant sur ses traits enfantins. Il s’était imaginée cette cliente plus pagée, plus mûre. Dans les manières assurées que celle-ci affiche, on reconnaît en effet une femme qui a déjà beaucoup vu, beaucoup vécu. Beaucoup trop. Une aura noire, chargée de drames que l’on ne fait que pressentir, mais qui se laissent néanmoins deviner avec une cruelle netteté, l’entoure. Cela pèse même sur chacun des mouvements qu’elle esquisse. Cette main qui agrippe le nœud papillon de son uniforme, ces doigts redessinent le galbe de son avant-bras… que n’ont-ils pas déjà fait ? Key préfère ne même pas y penser, mais il ne peut pas s’empêcher de songer à des coups portés et à des gorges tranchées. Il déglutit difficilement scrute avec anxiété ce visage porcelaine. On ne lui prêterait même pas vingt ans. Elle a les yeux en amande, les cheveux raides et jais, les lèvres pleines et vermeilles. Son teint pâle, presque diaphane, se détache étrangement sur la pénombre qui enveloppe la salle. L’inconnue se dessine tout en contrastes et en contraires – frêle et forte, douce et dure. Elle semble capable du plus grand bien comme du mal le plus effroyable. Mais dans tous les cas, pour Key, son nom est synonyme de danger.

« Mais vous devriez peut-être rentrer chez vous. Vous avez l’air fatigué, épuisé même. ce n’est pas prudent de rester dehors par les temps qui courent. N-Non pas que je doute que vous sachiez vous p-p-protégez… En-Enfin, cela ne me regarde pas vraiment. Je… Je devrais me mêler de mes affaires. »

Elle le terrifie. Aussi il veut vite s’en aller et agit trop précipitamment. Ses genoux tremblants le conduisent à trébucher ; il ne se rattrape que de justesse. Cela ne sauve néanmoins pas son plateau de l’ébranlement et du renversement. Les verres tanguent et valsent dans les airs, répandant leurs liqueurs. Certains restent intacts malgré la chute, d’autres se brisent. Mais là n’est pas ce qui l’inquiète. Avec horreur, Key s’aperçoit que le chemisier de la jeune femme se trouve gorgé d’alcool. Son premier réflexe d’employé consciencieux le pousse à s’empresser à ses côtés pour éponger à l’aide d’un chiffon les effets de sa maladresse. Ce n’est que trop tard qu’il prend conscience sur quelles formes rondes et charnelles ses mains glissent imprudemment et impudemment. Il s’écarte vivement, mais le mal est déjà fait.

« J-Je suis désolé… Je… Je vais arranger cela. Dites-moi juste que… J-je suis désolé. »
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